Copie de `Les figures de la Domination - Glossaire critique des notions liées aux discriminations racistes, sexistes, classistes`

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Les figures de la Domination - Glossaire critique des notions liées aux discriminations racistes, sexistes, classistes
Catégorie: Politique
Date & Pays: 18/09/2015, Fr.
Mots: 46


Acculturation
Le terme est bâti par l’assemblage du mot culture et du préfixe latin ad- qui porte l’idée de « mouvement vers », de « rapprochement entre » les cultures : dans ce sens il n’est donc pas seulement un déplacement de l’une vers l’autre, mais un rapprochement commun entre les deux. A l’origine le terme a été introduit par l’explorateur américain John Wesley Powell dans un ouvrage à caractère « anthropologique » sur les amérindiens, qui développe par ailleurs une vision ethnocentrique, culturaliste et raciste des « civilisations »…

Aliénation
Le concept d’aliénation trouve sa définition moderne et la plus achevée dans la pensée de Marx, qu’il lie à ceux d’idéologie et de domination. Pour lui l’idéologie est un système d’idées, de croyances et de doctrines mystificateur et aliénant, propre à une société ou à une classe, déterminé par le contexte et la situation socio-historique des acteurs.

Altérité
Tenter de définir l’altérité est un problème redoutable, qui a fait l’objet tout au long de l’histoire de la pensée contemporaine de nombreuses réflexions d’ordres philosophique, anthropologique, sociologique, etc. On peut d’abord et simplement dire que l’altérité est le caractère que présente l’autre, le dissemblable, le différent. L’altérité c’est ce qui fait qu’il est cet autre. Le terme donne substance à « quelque chose » qui est la nature d’une différence : mais qu’est ce qui fait que l’autre est autre ? Qu’est qui fait qu’il est différent de moi ? Et en retour, qu’est-ce qui fait que je suis moi, qu’est-ce qui fait ainsi mon identité ?

Aménagement raisonnable
L’« accommodation raisonnable » ou « aménagement raisonnable » est un concept juridique qui vient du modèle canadien de la prise en compte des droits des minorités.

Arôme idéologique immédiat
Le concept d’« arôme idéologique immédiat » a été proposé par Antonio Gramsci, un des fondateurs du parti communiste Italien au début du XXe siècle. Il est lié à celui d’hégémonie culturelle que Gramsci a également proposé, puisqu’il concerne centralement la question de la formation dans une société des conceptions, des idées et des représentations sociales.

Assimilation
Ce terme est un emprunt aux sciences du vivant qui désigne en physiologie les processus qui consistent à transformer pour un être vivant la matière en leur propre substance. En philosophie l’assimilation consiste en l’acte de penser qui considère une chose semblable à une autre et qui donc ramène le différent au semblable. Les sens donnés à ce terme en matière sociale par la suite reprennent ces deux tendances : comme processus de synthétisation (c’est l’exemple du melting-pot qui fusionne des peuples anciens en un peuple nouveau) et comme tendance à produire du semblable à partir du différent.

Barbare
Le terme barbare vient du latin barbarus, qui signifie étranger. Terme lui-même issu du grec barbaros. Il évoque en fait la personne qui ne parle pas le langage civilisé, c'est-à-dire le grec et donc par extension le grec. Le terme à la même racine que borborygme ou la Barbarie du moyen-âge, c'est-à-dire le pays des barbares, où vivent les Berbères, c'est-à-dire les ethnies qui occupaient une le Maghreb. Pour les grecs le barbare, c'est-à-dire le langage barbare désigne le latin ! On pourrait ainsi plagier la célèbre formule : « on est tous le barbare de quelqu’un ». Le barbare c’est donc celui qui ne parle pas la même langue, le non civilité, et donc l’étranger, l’autre !

Chauvinisme
Le terme désigne de manière générale une forme de préférence excessive donnée à un groupe par rapport à tous les autres et le chauvinisme se présente fréquemment sous le masque du nationalisme et du patriotisme, alors qu’il n’en est en fait qu’une forme idéologiquement dévoyée par occultation des dimensions sociales et historiques. En effet le nationalisme et le patriotisme ont des significations sociales et politiques différentes selon le contexte social et historique : le nationalisme d’un peuple qui se bat pour son indépendance ne pouvant être confondu avec le nationalisme utilisé par les classes dominantes des états impérialistes pour masquer le clivage de classe.

Civilisation
Le terme « civilisation » apparaît au XVIIIe siècle et prend d’abord sens dans le champ juridique. Très vite Mirabeau en fait un usage différent dans son célèbre traité L’Ami des hommes : « La Religion est sans contredit le premier et le plus utile frein de l’humanité : c’est le premier ressort de la civilisation ; elle nous prêche et nous rappelle sans cesse la confraternité, adoucit notre cœur ». L’idée se situe alors d’abord dans le champ sémantique du civique, de la civilité, (par sa racine latine civilitas, liée à la notion de citoyen), et de la sociabilité à travers le sens de policé, poli, politesse. Il désigne peu après l’évolution que subie de l’humanité toute entière avec le sens qu’en donne encore Mirabeau (et d’autres...

Colonialisme
Il y aurait beaucoup plus à dire, que nous ne le feront ici, sur le colonialisme : nous donnerons simplement, dans un premier temps, quelques grandes caractéristiques générales du colonialisme, puis réduirons notre propos à une approche sociologique, rapportée à la situation actuelle de la France, et à la spécificité de cette question aujourd’hui dans la société française. Par rapport à l’étymologie du terme, il vient du mot « colonie » et semble émerger au début du XXe siècle en remplaçant alors le terme « colonisme », en usage alors.

Culturalisme
Le contexte historique de naissance du culturalisme dans les sciences sociales est celui des années . Il se développe en anthropologie et en psychanalyse en opposition au racisme biologique et à l’ethnocentrisme dominant. Des anthropologues comme Margaret Mead et des psychanalystes comme Ruth Benedict démontrent par des études comparatives que nombres de traits et de comportements attribués à une « nature » (le sexe, la race, etc.) sont des productions sociales. Le culturalisme se développe donc par la critique du naturalisme, idéologie justificatrice des inégalités et des dominations dans le contexte de l’époque. Dans un contexte historique marqué par l’impérialisme occidental, l’affirmation du « relativisme culturel » a permis de remettre en cause deux ...

Culture
Le concept de « culture » est un des plus difficiles à définir. Une multitudes de définitions sont repérables dans les différents travaux en sciences sociales et dans les multiples dictionnaires. Le terme « culture » désigne ainsi tout à la fois des produits artistiques ou culinaires, des manières d’être, des façons de réagir face à l’imprévu, des modalités pour forger du lien social, la permanence de traits culturels associés à la production d’artefacts, des rituels face aux différents moments de l’existence, etc. La culture est donc un rapport au monde, à soi et à l’autre qui se traduit sous de multiples formes.

Discrimination
On appelle discrimination « l’application d’un traitement à la fois différent et inégal à un groupe ou à une collectivité, en fonction d’un trait ou d’un ensemble de traits, réels ou imaginaires, socialement construits comme « marques négatives » ou « stigmates » ».

Discrimination directe
Une discrimination est qualifiée de directe lorsqu’elle consiste à un acte volontaire, intentionnellement discriminatoire d’un individu ou d’un groupe d’individus. La discrimination est le résultat d’un acte concret. Elle suppose un discriminant et un discriminé et de fait que le discriminant possède le pouvoir de discriminer.

Discrimination indirecte
Une discrimination peut être considérée comme indirecte lorsqu’il n’y a pas d’intentionnalité raciste (c’est-à-dire qu’on ne peut pas mettre en évidence une intentionnalité basée sur un racisme-idéologique ou un racisme-préjugé) mais qu’il y a un traitement inégalitaire objectif qui handicape négativement un ou plusieurs individus appartenant au groupe minoritaire. On parle le plus souvent de traitement qui sont orientés par un critère en en apparence est neutre du point de vue du rapport à l’origine du groupe discriminé, mais qui dans les faits produit une inégalité entre les groupes. On peut alors mettre en évidence statistiquement la discrimination. On parle d’ailleurs parfois de discrimination statistique.

Discrimination positive
Notion qui est encore une fois une traduction approximative d’un terme anglo-saxon (on parle ainsi d’Affirmative Action, ou de Positive Action ou d’Equal Opportunity). L’usage du mot discrimination pour la traduire n’a produit qu’un double processus de brouillage et de rejet de la notion. L’utilisation française du terme dans le débat politique tend à réduire la question à un débat et à la mise en œuvre de quotas.

Discrimination raciste
En France concernant cette notion l’usage le plus fréquent est celui de « discrimination raciale », certains utilisant par contre les termes de « discrimination raciste ». Le premier terme vient de l’anglais « Racial Discrimination » et traduit imparfaitement la notion de discrimination raciste. La notion à l’avantage de proposer en français une valeur euphémisée du terme qu’elle est censée traduire, euphémisation jouant sur la différence entre raciale et raciste. En fait, la discrimination raciale est, si on reprend le sens du terme « raciale » (composé de race et du suffixe adverbial –al), une discrimination qui « est liée, dont une des propriétés est liée » à la « race », tandis que la discrimination « raciste » (composé de race et du suff...

Discrimination systémique
La discrimination systémique est réduite le plus souvent (lorsqu’elle se fait dans un modèle de pensée qui se situe dans le prolongement d’un paradigme intégrationniste) à la discrimination indirecte (cf. l’exemple de la définition des termes précédents). Penser les rapports entre groupe majoritaire et groupes minoritaires à partir du concept d’intégration ne permet pas de prendre en compte les discriminations systémiques. De même l’approche juridique des discriminations annule toutes formes de constructions permettant de penser cette forme de discrimination.

Discriminations multifactorielles
De nombreuses expressions ont été utilisées pour décrire les discriminations spécifiques subies par certains groupes sociaux caractérisés par plusieurs discriminations simultanées : d’origine, de genre, de classe, d’orientation sexuelle, etc. Ainsi trouvera-t-on dans la littérature scientifique et institutionnelle les expressions suivantes : discriminations multiples, multicritères, doubles ou triples, composites, etc. Tout en ayant plusieurs origines ces discriminations ne se réduisent pas à un « cumul des discriminations ». Les différents facteurs agissants existent tous spécifiquement comme facteurs de production de la discrimination en question, tout en étant inséparables des autres facteurs dans le processus discriminatoire. Il n’y a donc pas une discriminat...

Domination
La domination c’est le fait d’exercer un pouvoir sur un individu, un groupe : dominer c’est être maître, prévaloir, commander, régner sur. C’est donc présider à la destiné de la chose dominée, mais c’est plus qu’une relation individuelle car elle instaure et traduit l’expression d’un système.

Essentialisme
L’essentialisme est une logique explicative recherchant l’origine des comportements sociaux dans une « essence » des individus, des groupes sociaux ou des sociétés. Cette « essence » est appréhendée comme constituant une spécificité quasi-naturelle, c’est-à-dire ne changeant pas fondamentalement au cours de l’histoire. Il y aurait ainsi par exemple une « essence française », une « essence féminine », une « essence jeune », etc. Cette logique explicative ne permet pas de penser les rapports de dominations dans la mesure où elle élimine l’effet de ces rapports sur les comportements sociaux. L’essentialisme en matière de relation entre groupe majoritaire et groupes minoritaires conduit au culturalisme dans sa forme contemporaine (cf. définition ...

Ethnicisation
Processus « qui conduit à l’identification et à la désignation particulière d’un groupe socio-culturel (…). On identifie sociologiquement ou politiquement un processus d’« ethnicisation » des rapports sociaux lorsque l’imputation ou la revendication d’appartenance ethnique (celle-ci, généralement liée à ce qu’on appelle « origine », peut en fait être culturelle, nationale, religieuse ou « raciale », ces catégories s’avérant socialement et historiquement permutables ou cumulables) deviennent – par exclusion ou par préférence – des référents déterminants (englobants et dominants, voire exclusifs) de l’action et dans l’interaction, par opposition aux situations dans lesquelles ces imputations et identifications ne constituent qu’un ...

Exploitation
Le terme d’exploitation vient de la théorie marxiste et s’est forgé dans l’analyse critique de l'économie politique et du rapport social entre le salarié et le capitaliste qui réalise « une plus-value » générée par le travail du salarié (Plus-value (ou profit) = valeur d'échange d'un bien - coût de production de ce bien). Selon Karl Marx, le capitaliste rémunère au minimum ses salariés, juste ce qu’il faut pour qu’ils puissent reconstituer leur force de travail (nourriture, habitation, vêtements, chauffage...) et qu’ils ne se révoltent pas. En revanche, le capitaliste vend le produit du travail à un prix supérieur à ce que cela lui a coûté pour le produire. L'exploitation du travail est au centre de l'interprétation marxiste des conflits sociaux et de...

Genre
Le concept de « genre » est apparue à partir des années - dans les travaux des féministes anglo-saxonnes comme outil de déconstruction de l’argumentaire inégalitaire sexiste. Il vise à dissocier ce que les théories sexistes relient arbitrairement : la « différence » biologique et l’inégalité sociale entre homme et femme. En effet, habituellement le sexe est reconnu comme étant le sexe biologique d’une personne et le genre son sexe social. Le sexe serait de l’ordre du naturel hérité (physiologique, biologique, physique ; ex : capacité d’enfanter), et le genre de l’ordre du culturel acquis (social, économique, politique ; ex. : les femmes présentés comme étant « naturellement » faites pour faire la vaisselle pendant que les hommes sont naturellem...

Gentrification
Le terme a été initialement proposé par le sociologue marxiste Ruth Glass en , dans un rapport portant sur les évolutions socio-urbains de la ville de Londres. Le terme Gentrification vient ainsi de l’anglais “Gentry”, qui correspond à la bourgeoisie française, pour désigner un processus de remplacement dans un espace donné de la population initiale, au caractère populaire, par une population plus aisée, par les classes supérieures, bourgeoises ou influencée par la culture bourgeoise (classe moyenne, etc.). Il ne s’agit donc pas d’un « embourgeoisement » de la population, c'est-à-dire de l’enrichissement des personnes qui y vivent, mais bien de l’éviction progressive (et donc d’un phénomène qui se produit sur une durée plus ou moins longue,...



Hégémonie culturelle
La notion d’hégémonie culturelle est un concept mis en avant par Antonio Antonio Gramsci pour analyser les processus de pouvoir dans les sociétés de classes. Il met ainsi en exergue que l’exercice de la force ne suffit pas au maintien du pouvoir d’une classe dominante. Il faut à cette force adjoindre une multitude de mécanismes produisant un consentement « libre » des individus au système. L’ensemble de ces mécanismes et des appareils qui les portent (médias, école, productions écrites, etc.) produisent une hégémonie culturelle qui se traduit par un « arôme idéologique immédiat », autre concept de Gramsci.

Hégémonie culturelle
La notion d’hégémonie culturelle est un concept mis en avant par Antonio Antonio Gramsci pour analyser les processus de pouvoir dans les sociétés de classes. Il met ainsi en exergue que l’exercice de la force ne suffit pas au maintien du pouvoir d’une classe dominante. Il faut à cette force adjoindre une multitude de mécanismes produisant un consentement « libre » des individus au système. L’ensemble de ces mécanismes et des appareils qui les portent (médias, école, productions écrites, etc.) produisent une hégémonie culturelle qui se traduit par un « arôme idéologique immédiat », autre concept de Gramsci.

Immigré
L’immigré c’est par définition « la personne étrangère ou française aujourd’hui, née étrangère à l’étranger et qui vit en France ». Notion administrative à l’origine, le terme d’immigré a une forte charge sociale qui lui confère une valeur sociologique forte.

Inégalité
L’étymologie latine du mot égalité vient du terme « aequalis » qui signifie ce qui est « uni » et « juste ». Le préfixe privatif « in » dans le mot inégalité signifie en conséquence « privé de l’unité de traitement » et/ou « privé de justice ».

Intégration
Pour E. Durkheim fondateur de la sociologie française, l’intégration est une propriété de la société elle-même. Plus les relations internes à la société sont intenses, plus la société en question est intégrée. L’intégration s’oppose ici à l’anomie, qui signifie la désorganisation sociale et la désorientation des conduites individuelles produites par l’absence de règles et de contraintes sociales.

Intégrationnisme
Nous désignons par ce terme les logiques de pensée construites à partir du concept d’intégration appliquées aux individus et aux groupes minoritaires (et non à la totalité sociale comme dans la définition Durkheimienne). L’implicite majeur de ces logiques est de ne pas situer les « problèmes » dans les conditions sociales et les inégalités vécues par ces groupes mais dans un processus inachevé d’adaptation. Dans ses formes les plus caricaturales, la logique intégrationniste conduit à évaluer les « volonté d’intégration » ou les « efforts d’intégration », à mesurer des « facteurs d’intégration », à imposer un « modèle d’intégration », contresens à tous processus de socialisation émancipatrice.

Interculturel
Voici un exemple d’une définition courante et pleine de bonnes intentions de l’interculturalité que l’on peut retrouver dans la bouche de nombreux élus, dans de nombreux articles journalistiques ou dans des projets d’activités :

Islamo-gauchisme
Le terme islamo-gauchisme est un néologisme récent formé par l’apposition des termes « Islam » et gauchisme. Il est issu du mouvement intellectuelle défendant l’interdiction du voile, sans que son origine exacte soit repérable : il a été rapidement récupéré dans le discours des « nouveaux philosophes ». L’islamo-gauchisme serait ainsi la perversion des idées d’une certaine gauche et des mouvements dits d’extrême-gauche par la pensée « islamique », l’alliance contre nature, leur instrumentalisation par les islamistes et une certaine forme de dévoiement de ces mêmes idées. C’est en fait une attaque et une injure qui cherche à délégitimer le rapport spécifique entretenu par un certain nombre de militants et de mouvements de gauche vis-à-vis...

Islamophobie
Ce terme est un néologisme construit à partir de la racine du nom Islam et phobie la « fuite, la peur irraisonnée ». L’islamophobie est littéralement la « peur irrationnelle de la religion musulmane » et par extension la peur de ceux qui pratiquent cette religion, c'est-à-dire les musulmans. Cette peur s’exprimant par un rejet, un mépris, une haine, etc., de l’Islam et des musulmans. Le terme est réapparu récemment dans le vocabulaire français. Mettant ainsi en évidence une composante spécifiquement française au rapport entre les groupes sociaux basés sur la « race ». En effet, ceux-ci se construisent aujourd’hui sur une dimension culturelle et ethnique (cf. les articles consacrés à la « race » et au racisme) dont la religion.

Juridisme
La notion de « juridisme » possède plusieurs acceptions, mais elles ont toutes en commun de s’intéresser aux limites du « juridique » et à faire la critique des approches des objets sociaux se limitant à une approche uniquement juridique de ces objets. C’est ce qu’a proposé par exemple Pierre Bourdieu en s’intéressant aux usages sociaux du droit et en particulier des effets de ses usages en matière des « effets d’imposition » et de domination.

Localisme
Le localisme est un ensemble de doctrines et d’idéologies datant du XIXe siècle qui prône la proximité, et le fait de donner la priorité à ce qui est local. Toutefois ce qui nous semble important ici de mettre en évidence ce sont les excès de l’idéologie du localisme en matière de « politiques publiques » visant à prendre en compte les problématiques sociales tels que le propose le sociologue de l’urbain Jean-Pierre Garnier. L’approche du concept telle qu’il la développe permet de déconstruire toute l’idéologie de la gestion urbaine et de la « question urbaine » aux cœurs des politiques de la ville.

Maternalisme
Plusieurs sens existent au terme maternalisme. Il est ainsi par exemple une des formes historiques du mouvement des femmes : « le féminisme maternaliste » (définie par certaines féministes comme « l'idéologie et les discours qui exaltent la capacité des femmes d'être mères et qui entendent appliquer à la société tout entière les valeurs rattachées au rôle de mère, soit des valeurs morales, nourricières et de bien-être »). Nous employons nous ce terme dans le sens d’une posture symétrique du paternalisme, c'est-à-dire désignant une relation hiérarchique et inégalitaire entre femmes se distinguant par leurs origines et/ou leur appartenance de classes. Elle s’inscrire dans un discours articulé à la vision culturaliste dominante pour parler des femmes et sp?...

Mixité sociale
La notion de « mixité sociale » est une catégorie discursive récurrente aujourd’hui dans le discours politique et médiatique et est un mot valise. C'est-à-dire un terme saturé de sens et d’arrière-pensées, mais qui ne font jamais l’objet d’explicitation dans le discours dominant. Et pour ce qui est de cette notion de peu ou pas de capacité à des usages liés réels de transformation sociale : par contre il dispose d’un fort rendement idéologique et donc un intérêt politique majeur.

Postcolonial
Le terme est issu de l’histoire de la colonisation et désigne ce qui est déterminé par les « moments historiques » de la colonisation-décolonisation.

Race
La question de l’usage du concept de « race » (et de son euphémisation en « ethnie ») divise aujourd’hui fortement en France. Le désaccord ne porte plus sur l’existence de « races » biologiques, les progrès des connaissances scientifiques ayant confirmé l’inanité de l’affirmation de l’existence de plusieurs races humaines. Le clivage porte sur les conséquences à tirer de la certitude incontestable de l’unicité de l’« espèce humaine ». Pour les uns cela devrait conduire à ne plus utiliser le terme de « race » dans le vocabulaire et dans la recherche. Pour d’autres au contraire l’inexistence de « races biologiques » ne signifie pas pour autant qu’elles ne sont pas produites socialement. Se priver du terme c’est donc aussi devenir a...

Racisme
Le racisme est « généralement entendu comme toute forme de violence exercée à l’encontre d’un autre groupe humain. De quelque degré que soit cette violence, depuis le préjugé/mépris jusqu’à la discrimination, depuis la ségrégation jusqu’au meurtre. Que ce meurtre soit à l’aveugle ou de hasard contre des individus de groupes minoritaires, ou qu’il soit institutionnalisé et organisé par l’appareil d’Etat (comme cela a été le cas du Nazisme –Allemagne, -) en vue de supprimer ces groupes ».

Relations inter-ethniques
Études dont l’objet spécifique est la production sociale et conflictuelle des différences ethniques. Elles mettent l’accent sur les conditions sociales et historiques de production des rapports de domination entre la France et l’immigration et sur l’ethnicisation des rapports sociaux. Cette école sociologique s’est donc construite en opposition au culturalisme (dans sa seconde acceptation moderne) et à l’intégrationnisme. « L’« ethnie » et l’« ethnicité », sont considérées comme produites dans et par les contacts et les rapports sociaux. Elles perdent toute possibilité de définition essentialiste ou fixiste. Les groupes ethniques ne sont pas regardés comme des entités anhistoriques et immuables ».

Spatialisme
Le spatialisme est, comme le localisme avec lequel il va de paire, une notion proposée par Jean-Pierre Garnier. Pour nous, il met en évidence l’idéologique qui veut qu’il y ait une circularité fondamentale entre le cadre de vie et les modes de vies. Qu’il y aurait donc une équivalence formelle entre les deux : l’une impliquant l’autre et l’autre impliquant l’une.

Stéréotype
Le stéréotype est « [un] cliché, [une] image mentale, [une] opinion toute faite, comme sortie d’un moule. [Un] jugement porté sur un groupe, un ensemble collectif, de manière extrêmement simplificatrice, à titre permanent, définitif, et généralisé à tous les membres du groupe. Les stéréotypes se caractérisent par leur fixité, leur indifférence aux expériences, aux leçons de la réalité. Le jugement porté peut être aussi bien favorable que défavorable ». Le préjugé est une notion liée à celle de stéréotype. Le second peut être définit comme l’opération de catégorisation simplificatrice et le premier comme le jugement explicite et/ou implicite que porte cette catégorisation tranchée. Stéréotypes et préjugés sont des produits sociaux ayant ...

Stigmatisation
Dans les cités de la Grèce antique, les stigmates étaient des marques corporelles au fer ou au couteau signalant l’infamie morale ou la disqualification sociale d’une personne (un esclave, un criminel, un traître, etc.). Pour le sociologue Erving Goffman, un stigmate est « un attribut qui jette un discrédit profond ». L’individu stigmatisé se voit refuser le respect, la considération et l’égalité accordée à un individu « normal », c’est-à-dire correspondant aux exigences des stéréotypes dominants. Deux dimensions importantes sont à avoir à l’esprit lorsqu’on parle de stigmatisation : ) le stigmate crée le comportement, ) en retour il existe des processus de retournement du stigmate qui font du stigmate un médium de communication, de revendicati...

Vision capacitaire
La vision capacitaire c’est une forme réductrice de regard porté sur l’Autre qui lui attribue de façon quasi-systématique un déficit. L’autre est perçu comme porteur d’une carence constitutive d’une ou des catégories qui le définissent. De plus cette vision capacitaire, carentielle est généralement associée à une vision culturaliste, qui lie cette carence à une dimension culturelle. On parle ainsi de jeunes « assis entre deux chaises » ou « déchirés entre deux cultures », de la compatibilité de certaines cultures et religions avec la vie démocratique, de femmes issues de l’immigration non-intégrées du fait de leurs traditions, etc.