Copie de `l' Obs - Glossaire d'A à Z des paysans et la Grande Guerre`

Ce glossaire n’est plus en ligne.
Le glossaire dans lequel se trouvait ce mot n’existe plus, ou le site Internet n’est (plus) pas en ligne. Vous voyez ci-dessous une copie de l’information. Il est possible que les informations ne soient plus à jour. Soyez critique en évaluant sa valeur.


l' Obs - Glossaire d'A à Z des paysans et la Grande Guerre
Catégorie: Histoire et Folklore > la Grande Guerre
Date & Pays: 12/02/2016, Fr.
Mots: 32


Alambic
A mesure que la guerre s’allonge, le nombre d’alambics va diminuer dans les campagnes ; raison de cette pénurie de machines, alors que la demande d’eau-de-vie est sans cesse croissante, la forte demande de cuivre. L’État lance des offres alléchantes de rachat des machines pour récupérer le cuivre indispensable à l’industrie de guerre. Dans le Périgord l’offre était de 4 francs le kilo de cuivre.

arbre de la Victoire
. Dans la tradition de la plantation des arbres pour symboliser un acte collectif (arbre de la Liberté, arbre de mai, etc.) on a planté au lendemain de la guerre l'arbre de la Victoire. Ce phénomène a été observé au cours au moins de trois dates symnboliques: le 14 juillet 1919, le 14 juillet 1920 et le 11 novembre 1920. Ce sont en général des chênes, arbres symboles de la Nation française, qui furent ainsi plantés. On a conservé quelques photos d'époque et notamment celle de la plantation de l'arbre de la Victoire du Puy-en-Velay (Haute-Loire).

blé de printemps
En 1918 beaucoup de cultivateurs du Périgord sèment du blé de printemps. Le pays manquant de farine, les autorités incitent à cette production. Une céréales tellement importante qu'il sera rigoureusement interdit d'en donner en provende aux animaux. Une chronique du bourg du Bugue signale que la qualité du pain se dégrade à mesure que dure la guerre. Début 1918 on fabrique le pain, au Bugue avec un mélange de farines de froment, maïs, orge, seigle, féveroles.

blessés
Les hôpitaux de l'arrière ont été à l'origine de la première confrontation entre les habitants du lointain arrière et la réalité du front. Ainsi dans le département de la Corrèze où les premiers convois de blessés arrivent le 27 août 1914 à Tulle et le 30 août à Brive. Au début de la guerre ces hôpitaux temporaires vont, outre les personnels de santé, faire appel à des bénévoles dont beaucoup de femmes. C'est en septembre 1914, à la suite de la retraite d'août et de la bataille de la Marne que les hôpitaux temporaires de la Corrèze vont accueillir quotidiennement le plus de blessés. A Brive, l'hôpital de la Croix Rouge et celui de la Caserne Brune accueillent alors 96 blessés par jour. Le paysage des hôpitaux temporaires est alors très important. Le seul d?....

boulanger
C’est début 1917 que les pénuries de farine s’accentue après l'année 1916 qui aura été une très mauvaise année de récoltes de céréales. Avec en particulier l’instauration de la carte de pain en 1917 qui oblige, en particulier, les boulangers a produire uniquement des gros pains qui ne peuvent être vendus que douze heures après la cuisson. Ce pain ainsi légèrement rassit est supposé susciter moins d’appétence chez les consommateurs et ainsi durer plus longtemps. Le rationnement s'appuie sur la division de la population en six catégories: E les enfants, A les adultes, J les jeunes, T les travailleurs, C les cultivateurs, V les vieillards. Les militaires au front sont une catégorie à part. Une septième catégorie sera établie avec les militaires en p....

Brabant
Le lendemain de la guerre va coïncider avec une modernisation de l'outillage des labours en Corrèze et en Périgord. C'est ainsi que la vieille araire va être progressivement remplacée par le brabant double, un soc réservible qui laboure plus profond et qui se manie avec moins de peine que la vieille araire.

Chaleil
Le chaleil ou caleil est, dans le Périgord, une simple lampe à huile. C’est probablement la forme d’éclairage rustique le plus archaïque qui soit. On trouve dans l’Égypte ancienne des lampes en terre cuite qui ont la forme des caleils. Ils ont peu changé au cours des temps, seule concession à l’évolution, ils sont en cuivre. Ces chaleils vont être remis en service en Périgord à la suite de la pénurie d’énergie, pénurie de pétrole lampant et pénurie de charbon. C’est ainsi que dans les principales villes du département de la Dordogne les rues ne seront plus éclairées, le charbon alimentant les centrales électriques étant économisés pour d’autres usages et notamment celui des chemins de fer. On retrouve des témoignages dans les lettres ...

chiffres
En 1918 quand sonne la fin de la guerre, on dénombre chez les paysans 700.000 morts et environ 500.000 mutilés et blessés. 1/4 des actifs agricoles sont morts ou sont invalides.

chômeurs
Dans Le Populaire (journal de la Haute-Vienne) du 3 août 1914 le préfet s'adresse aux maires des communes pour leur demander de lui faire connaître d'extrême urgence s'ils disposent de la main d'oeuvre suffisante pour terminer les moissons. Dans la négative les maires sont priés de préciser de combien d'hommes et de femmes ils ont besoin. Le préfet indique qu'il pourra réquisitionner des chômeurs pour les envoyer dans les fermes en attente de bras.

cri des journaliers
L’épisode est raconté par l’écrivain Auvergnat Henri Pourrat dans son roman Vent de Mars lorsqu’il évoque la montée en ligne des hommes du 92è R.I. de Clermont-Ferrand : « (…) Et là, on dit qu’en combattant, tout le jour dans les taillis, dans la neige, les hommes du régiment de Clermont se lançaient les uns aux autres le vieux cri des journaliers d’Auvergne : Lacheins pas ! C’était le cri des matins de moissons ou de vendanges, lorsque les propriétaires venaient chercher leur main-d’œuvre sur la place où se faisait la louée. On discutait avec eux du prix de la journée. Et les journaliers se faisaient souvenir, d’un bout de la place à l’autre, de tenir le prix convenu, sans lâcher d’un seul liard. Lacheins pas ! Lâchons pas....

démembrement
Il s'agit des grands domaines divisées en métairies. En Périgord, dans une partie de la vallée de la Dordogne le démembrement avait débuté après la crise du phylloxéra responsable de la disparition d'une partie du vignoble. Les grands propriétaires fonciers de la vallée avaient le choix entre replanter des hybrides ou vendre les métairies. Ce mouvement de démembrement fut relancé fortement au lendemain de 1918 avec le constat de la mort au front de nombreux métayers. Faute de bras de nombreuses métairies ont été vendues. Dernière raison de ces ventes de terres, la chute de la rente foncière qui est significative dans les années d'après-guerre.

démembrement
Il s'agit des grands domaines divisées en métairies. En Périgord, dans une partie de la vallée de la Dordogne le démembrement avait débuté après la crise du phylloxéra responsable de la disparition d'une partie du vignoble. Les grands propriétaires fonciers de la vallée avaient le choix entre replanter des hybrides ou vendre les métairies. Ce mouvement de démembrement fut relancé fortement au lendemain de 1918 avec le constat de la mort au front de nombreux métayers. Faute de bras de nombreuses métairies ont été vendues. Dernière raison de ces ventes de terres, la chute de la rente foncière qui est significative dans les années d'après-guerre.

démographie rurale
Quand arrive l'année 1914 la France est majoritairement rurale. 60% de la population vit alors à la campagne et 8 millions de français sont employés dans l'agriculture, ce qui représente près de 40% de la population active. L'agriculture produit alors 40% de la richesse nationale. Cette démographie paysanne est alors très inégalitaire. D'abord si on considère la situation du foncier. En 1914 55% des exploitations agricoles sont très petites, entre un et cinq hectares ! Autant dire qu'elles ne suffisent pas à nourrir des familles souvent nombreuses, les bras doivent aller se louer ailleurs. A l'opposé 4% seulement des propriétaires possèdent les très grands domaines et rassemblent à eux seuls un peu plus de 40% des surfaces du pays ! Ce sont ces propriétaires qui vivent r....

démographie rurale
Quand arrive l'année 1914 la France est majoritairement rurale. 60% de la population vit alors à la campagne et 8 millions de français sont employés dans l'agriculture, ce qui représente près de 40% de la population active. L'agriculture produit alors 40% de la richesse nationale. Cette démographie paysanne est alors très inégalitaire. D'abord si on considère la situation du foncier. En 1914 55% des exploitations agricoles sont très petites, entre un et cinq hectares ! Autant dire qu'elles ne suffisent pas à nourrir des familles souvent nombreuses, les bras doivent aller se louer ailleurs. A l'opposé 4% seulement des propriétaires possèdent les très grands domaines et rassemblent à eux seuls un peu plus de 40% des surfaces du pays ! Ce sont ces propriétaires qui vivent r....

femmes
(bis) C'est l'exemple des usines à la campagne et de la prolétarisation des femmes paysannes qui sont appelées dans les ateliers pour remplacer les hommes partis au front. L'exemple est celui des forges de Fouchambault (Nièvre) où il y a quatre usines qui tournent à plein. En juin 1917 il y a 420 femmes qui travaillent dans les usines de Fourchambault. D'où la création d'une section des femmes au sein du syndicat des ouvriers métallurgistes de Fourchambault. Cette syndicalisation féminine va aboutir à la première grève des femmes pour réclamer une augmentation de salaires, c'est le 19 juillet 1917. Soixante femmes participent au mouvement.

Forêts
Plusieurs forêts dont celle de Tronçais (Bourbonnais) ont été exploitées entre 1915 et 1918 pour fournir le bois nécessaire à l'aménagement des tranchées (rondin, palplanches, piquets, caillebotis, fagots, fascines, etc.). C'est le service du Génie qui avait la charge d'organiser les cantonnements militaires forestiers d'exploitation des parcelles au bénéfice de la fourniture des besoins du front. Courant 1918 des cantonnements militaires forestiers de l'armée américaines ont exploité des parcelles de la vaste forêt de Tronçais. Le sujet a été exposé par le Général Georges Chevalier (1854-1938), directeur du Génie dans un livre publié au PUF en 1928 et intitulé Le bois d'oeuvre pendant la guerre. Ce bouquin est introuvable. Merci à tout lecteur qui peut m'indique....

hôpital
Il s'agit en l'espèce des hôpitaux de l'arrière dits hôpitaux auxiliaires. Un exemple parmi beaucoup d'autres fut celui d'Aubazine en Corrèze. Il fut ouvert le 18 septembre 1914 dans les locaux du couvent-orphelinat et dénommé Hôpital auxiliaire n°13 d'Aubazine. Pendant toute la durée de la guerre cet hôpital d'une capacité de 55 lits recevait les blessés qui arrivaient du front en train, à la gare de Saint-Hilaire, où les infirmières religieuses allaient les chercher en voiture à cheval. Plusieurs habitants du village d'Aubazine ont participé à une action de solidarité envers les blessés pendant les quatre années de la guerre. Il reçut 704 blessés. L'hôpital d'Aubazine a fermé ses portes le 23 décembre 1918. Parmi les très nombreux exemples on peut citer en Cr....

hôpital
Il s'agit en l'espèce des hôpitaux de l'arrière dits hôpitaux auxiliaires. Un exemple parmi beaucoup d'autres fut celui d'Aubazine en Corrèze. Il fut ouvert le 18 septembre 1914 dans les locaux du couvent-orphelinat et dénommé Hôpital auxiliaire n°13 d'Aubazine. Pendant toute la durée de la guerre cet hôpital d'une capacité de 55 lits recevait les blessés qui arrivaient du front en train, à la gare de Saint-Hilaire, où les infirmières religieuses allaient les chercher en voiture à cheval. Plusieurs habitants du village d'Aubazine ont participé à une action de solidarité envers les blessés pendant les quatre années de la guerre. Il reçut 704 blessés. L'hôpital d'Aubazine a fermé ses portes le 23 décembre 1918. Parmi les très nombreux exemples on peut citer en Cr....

Joie
On a beaucoup écrit sur les cris de joie lorsque l'annonce de la guerre a été connue. Cette version est particulièrement contestée par la recherche historique récente. En revanche ces témoignages existent. c'set ainsi qu'un carnet journalier tenue par l'institutrice de Verrières, dans le département du Puy-de-Dôme, Madame Matraud, fait part d'une certaine joie des mobilisés du 2 août 1914: « Ils pensent que la guerre ne sera pas de longue durée. On entend des cris : ” Vive la guerre – A Berlin ! ” Les familles des mobilisés se lamentent et maudissent Guillaume », écrit Mme Matraud.

juments
Dès la mobilisation la loi de réquisition s'applique et notamment sur les chevaux. (Lire sur ce blog l'article consacré à la réquisition). L'exemption de la réquisition pour les juments pleines permettra de conserver la base du cheptel. On va d'ailleurs observer dans certaines régions une augmentation importante du nombre de saillies dès le début de la guerre pour éviter la réquisition des juments.

labours
Ils sont évoqués dans une lettre du 15 mars 1915 adressée depuis une ferme de la commune des Ancizes (Puy-de -Dôme) par la famille D. à leur fils qui est dans les tranchées. « Ici, il fait ces jours-ci un beau temps superbe. Si ça continue, nous ne serons pas sans travail, nous allons commencer à labourer pour le blé de printemps et pour les autres semailles que si le temps le permet. Enfin, nous ferons notre possible pour faire le principal ; le reste attendra plus tard. »

mildiou
Cette maladie phytosanitaire affecte particulièrement la vigne. Elle est très présente en 1915, et elle compromet la qualité des vendanges de cette seconde année de guerre. Le mildiou trouve une matière propice à se développer en année humide ce qui a été le cas au printemps et durant l’été 1915. Cette pénurie annoncée de vins de soif préoccupe l’État Major qui a demandé que les poilus reçoivent au quotidien une dose significative de vin. Ces mauvaises conditions météo qui vont affecter les récoltes de vin dans la plupart des régions viticoles en cette année 1915 auront aussi le même effet catastrophique sur la récole d’olives dans le Midi.

million.
4 millions c’est à peu près le nombre de paysans qui seront mobilisés entre 1914 et 1918. Ils fourniront ainsi l’essentiel de la fameuse « chair à canon ». Seulement 1,5 million d’hommes (trop âgés ou trop jeunes) restent dans les fermes.

obsibional
Voilà un bien étrange mot. C'est un adjectif, qui joint à une plante indique que celle-ci s'est propagée pendant les conflits. C'est ainsi que durant la Grande Guerre les troupes allemandes dormaient sur des paillasses garnies d'un jonc, le carex brizoïde L. Une herbe tellement bien adaptée à la Lorraine qu'elle s'y est installée. Même destin pour la Bermudienne des montagnes. Une petite plante ayant la forme d'une étoile bleue et jaune. Elle est arrivée en France par les ports de l'ouest, en 1917, dans le fourrage des chevaux américains en provenance du Maryland.

pain de ménage
C’est, dès le début de la guerre que les autorités vont faire appel, outre les réquisitions, aux élans de solidarité des populations pour les premiers prisonniers de guerre. Si les villes sont sollicitées pour les vêtements notamment, les campagne sont appelées pour fabriquer du « pain de ménage ». Près du bourg du Bugue, dans le Périgord, le maires ruraux sont sollicités pour la remise en chauffe des fours familiaux. Georges Labrousse dans son livre Justin Descombes, paysan du Périgord, poilu de 14-18 (éditions Pilote 24), raconte ainsi cet appel : « Les autorités demandent à la population des campagnes de rallumer les fours familiaux et de préparer du pain de ménage qui peut se conserver trois semaines. (…) des conseils sont donnés&nbs...

plantes sarclées
Ces plantes qui demandent beaucoup de main d’œuvre vont voir leur production chuter à partir de 1915 en raison du manque de bras. Ce sera au profit des céréales (blé et avoine) dont la demande est forte notamment pour le pain de la troupe et pour la nourriture des chevaux des régiments. De même l’élevage qui peut être l’affaire des femmes, des vieux ou des enfants (pour le gardiennage) qui ne sera pas affecté et va même progresser en nombre de têtes de bétail.

salaires
Il s’agit du salaire des journaliers et des domestiques dans les fermes et domaines agricoles. En raison de la pénurie de bras il y a à partir de 1915 une inflation des salaires. C’est ainsi que le salaire d’un journalier est de 8 francs par jour plus la nourriture. Pour un domestique engagé à la louée saisonnière, le salaire d’été est de 150 francs par mois, plus la nourriture et le coucher.

semailles
Cette brève dans Le Populaire du Centre (de la Haute-Vienne) du jeudi 6 novembre 1914 :

statue de la Liberté
Ils sont probablement très rares les monuments aux morts qui sont illustrés d'une réplique de la statue de la liberté de Bartholdi qui accueille les visiteurs au droit de New-York le regard tourné vers la vieille Europe. il faut en chercher la réplique en Limousin, à Châteauneuf-la-Forêt. La fameuse liberté éclairant le monde surplombe le monument aux mort de ce bourg. Ce monument fut édifié en 1924.

surmortalité
Ce sont les départements ruraux à faible industrialisation qui affiche la plus forte proportion de tués sur le front de la Grande Guerre. Ainsi on constate une surmortalité dans les pays des contreforts du Massif central. Ainsi le nombre de morts par rapport au nombre total d'hommes (recensement de 1911) montre un taux très élevé en Corrèze (8,89%), dans le Cantal (8,28%), en Lozère (10,9%), en Creuse (8,11%), en Dordogne (7,64%), en Haute-Vienne (7, 81%), dans l'Indre (7,61%); dans l'Aveyron (8,41%). C'est bien la population paysanne des régions essentiellement rurales qui a fourni l'essentiel des combattant de l'infanterie, les plus touchés par les pertes au front.Si on met en adéquation le nombre de morts par département et le taux de population agricole,....

vendredi
Le jour de la mobilisation, jour où le Tocsin sonne à toutes les églises de France, est un vendredi.

victimes
Les campagnes qui sont les premières fournisseuses de soldats, seront aussi les premières endeuillées. Et ce phénomène du deuil massif est très rapide ; en effet les deux premiers mois de la guerre, août et septembre 1914 avec les grandes batailles, celle des frontières, celle du nord et enfin la grande bataille de la Marne font en deux mois 250.000 morts chez les soldats français ! C’est énorme si on compare à ce que sera la grande bataille de Verdun qui durera un an et qui fera malgré sa tragédie moins de morts que les deux premiers mois côté français !